En septembre dernier, Alice in Borderland créait la surprise avec une saison 3 que beaucoup n’attendaient pas. La série japonaise semblait avoir bouclé son cycle avec la saison 2, au plus près de la conclusion du manga d’Haro Aso. Pourtant, Netflix a rouvert la porte, et l’a même laissée entrouverte avec une fin qui suggérait une suite possible. En janvier 2026, la plateforme a tranché, et la réponse se lit noir sur blanc dans un document qui, d’habitude, ne fait pas de bruit.

Netflix vient de publier son rapport What We Watched, consacré aux performances du second semestre 2025. Les chiffres y dessinent une hiérarchie sans surprise côté mastodontes. Le phénomène K‑Pop Demon Hunters domine avec 428 millions de visionnages en six mois, au point de devenir le titre le plus regardé de l’histoire de Netflix sur cette période. Pour les séries, la saison 2 de Wednesday mène la danse avec 124 millions, suivie de près par la saison 5 de Stranger Things et ses 94 millions, sans même compter l’épisode final. Dans ce paysage très américain, les productions asiatiques confirment pourtant leur poids. La Corée du Sud place le film Submersion à 66 millions et la série Bon Appétit, Your Majesty à 38 millions. Et le Japon n’est pas loin derrière grâce au retour d’Alice in Borderland.

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Car le retour a bien fonctionné. D’après le rapport, la saison 3 a généré 25 millions de visionnages dans le monde, un score solide qui s’ajoute à une fin volontairement ouverte. Arisu et Usagi échappent une nouvelle fois au Borderland, puis l’épisode final bascule sur une séquence de tremblements de terre qui nous emmène jusqu’aux États‑Unis, avant de s’arrêter sur une serveuse portant un badge “Alice”. Le clin d’œil a immédiatement alimenté l’idée d’un prolongement, voire d’un déplacement géographique de l’univers.
Sauf que Netflix a déjà refermé la porte. Dans What We Watched, la plateforme qualifie explicitement les épisodes de septembre de “troisième et dernière saison d’Alice in Borderland”. Autrement dit, pas de saison 4. La nuance est importante, car elle ne tue pas forcément l’univers. Elle ferme une série, tout en laissant la possibilité d’un spin‑off “de l’autre côté du Pacifique”, précisément là où la saison 3 a choisi de planter son dernier plan.


Ce choix s’explique aussi par la nature même de cette saison 3, et par la fracture qu’elle a créée dans la réception. Les deux premières saisons adaptaient le manga avec une fidélité globalement lisible. Or, le manga original se conclut avec les événements couverts par la saison 2, ce qui obligeait la saison 3 à inventer. Haro Aso était annoncé comme impliqué, et certains imaginaient une inspiration possible de Alice in Borderland Retry, courte suite centrée sur l’après Borderland et le traumatisme. Mais à l’écran, la saison 3 a surtout donné l’impression d’une extension originale, donc plus exposée aux critiques. Les fans ont pointé une incohérence dès le premier jeu par rapport aux livres, ont débattu de la logique interne, notamment autour du fait qu’Ann soit la seule à se souvenir d’Arisu et à voir Banda, et la fin américaine, absente du manga, a cristallisé la polémique.


Au fond, la décision de Netflix ressemble moins à une sanction qu’à une lecture froide du risque. 25 millions de visionnages, c’est un succès, mais pas un raz‑de‑marée à l’échelle d’une plateforme qui affiche des chiffres comme Wednesday ou Stranger Things, et qui voit ses productions asiatiques les plus fortes devenir des piliers stratégiques. Quand une série arrive au-delà de son matériau d’origine, elle doit prouver qu’elle peut se renouveler sans compromettre ses règles. Alice in Borderland a tenté l’ouverture, mais elle a aussi rendu visible sa zone de fragilité. Netflix semble avoir choisi de préserver la marque en arrêtant la série principale, tout en gardant l’option d’un dérivé peut-être plus maîtrisable, davantage comme “nouveau départ” que continuation.

Collaboration presse officielle

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Posted by:Demona Lauren

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